3e chronique de FC
Le 8 mai
Mes petites chéries. (bon d’accord, les autres peuvent lire, mais discrètement),
D’abord merci à Isa pour sa plume alerte et réjouissante.
Ensuite nous avons bien noté pour votre soirée lingerie ; personnellement je n’étais pas contre le cumul des tâches…
Bonjour à vous âmes inconsolables et insondables. Nous voilà dans notre trip. Mercredi 21 heures (donc 2 heures après le coucher du soleil), force 6, des rafales à 30 nœuds et un Cassiopeia au surf à 10 nœuds et demi. Des creux de 3 mètres ; Nico, FM et Totophe archi rincés en prenant un ris. L’impression grisante de rouler à 130 sur un chemin vicinal de montagne. Le PIED ! Gerbes d’écume et sauts de vagues sous la lune en veux-tu en voilà.
Platon a dit :”Arrêtez de me faire dire n’importe quoi les p’tits gars, ça commence à bien faire…” Il a dit aussi :”Le bonheur n’est pas au bout du chemin, il est DANS le chemin.” C’est pourquoi si grande est notre félicité.
Dom a dit : “10 litres d’eau par personne et par jour”= toilette de chat. Il a ajouté :”200 miles -370 km- parcourus en 24 heures soit 8 nœuds 33 de moyenne, record battu depuis le changement de proprio : we are THE DREAM TEAM !!! YES !!!
Chevauchée fantastique sur une mer violette nervurée de blanc. L’Atlantique nous matraque de paquets de mer, de sauts d’eau tord-boyaux et de babaïtude. Regards éperdus et perdus, contemplation, rêverie, philosophie… Et justement Platon a aussi dit…
50 litres d’aspersion plus tard : bienheureux les porteurs de pantalons respirants Helly-Hansen, de cirés jaunes Guy Cotten, de bottes Aigle, de gilets de survie Plastimo et de slips Dim anti-fuites, le royaume du confort est à eux malgré la fureur de Neptune et d’Eole réunis.
5 heures du Mat, l’Atlantique Nord s’éveille. Thé Earl Grey servi par Nico avec gâteaux aux amandes. Percée d’Aurore fulgurante dans un ciel gris acier. Cette mer est magiquement sexy, ensorcelante, jouissive. Chaque équipier qui tombe tout mouillé de sa bannette après 1 à 4 heures de sommeil a l’œil scotché sur ce tableau qui transfigure, gomme l’étriqué pour focaliser sur l’essence.
À propos d’essence : prenons soin de fumer dans le secteur bidons de gas-oil pour ne pas indisposer nos deux petits sains, Nico et Arnaud. Ce matin petite blagounette aquatique : une petite s… de p… d’e… de fum… de vague plus forte que les autres a osé me braquer ma clope que je venais très laborieusement d’allumer. Mon mégot si prometteur s’est envolé pernicieusement, rude quotidien…
La moquette qu’Isa adoooore est réellement un super cadeau du précédent maître des lieux : pas de glissades on ice, douce sensation plantaire, atmosphère cocooning des années 75-80.
On en bave parfois un peu. Et même au sens propre. L’un d’entre-nous s’est offert hier soir son 1er haut-le-cœur après les maquereaux au curry. Christophe et moi avons été dépités de voir un appât si frais et de première qualité essaimé en pure perte : nous allions beaucoup trop vite pour jeter nos lignes et avoir une petite chance de faire mouche. Mais je ne perds pas espoir : il y’a parmi nous plein de gens généreux prêts à se sacrifier pour une belle cause alimentaire (tiens, un 2e client au-dessus des filières, la poiscaille est vernie avec nous…)
Sinon au menu — un vrai comme au restau, acheté avant le départ — il y avait salade fraîche et pomme. C’est sa digestion qui m’a tourmenté toute la nuit, nu sur ma couchette, avertissement finalement sans frais.
Pendant près d’1 mois nous n’allons pas pouvoir jeter l’ancre, nous allons peu boire, nous allons relire nos vies sous lumière océane et donc nous allons beaucoup penser à vous, petits trésors.
Cassiopeia est étonnant : étroit comme le fameux couteau de Christophe, prêt à trancher dans le vif les bâtiments de 3 mètres d’eau qui jalonnent notre route, imperturbable et rassurant, puissant et véloce, ardent et fidèle. Nous en sommes tous déjà amoureux mais, privilège de l’antériorité et de la propriété, Dom a entamé le premier les préliminaires.
Il a fait 25° au lever du jour sans aucun rayon, 30 l’ap-m sous spi solaire.
On est BIEN (quand je pense que tant de gens s’entassent dans le tram, les hlm et parfois les deux, quelles fautes de goût…)
François Platon-de-Cassiopée
On vous embrasse comme on vous aime, c’est-à-dire très fort.
Messages personnels :
- Christophe : “tout va bien, c’est l’Amérique, Nico nous gâte trop, je grossis à vue d’œil, pire qu’en regardant “un dîner presque parfait”
- Dom : “si vous avez vu passer une boîte d’olives noires, merci de la rapporter à Nicolas”
- FC : “le mollet n’apprécie que moyennement le roulis et le tangage qui ont suivi le port des Hawaïanas-eh oui que ne ferais-je pour complaire à mes femmes ? ! Et sinon ils font tous rien qu’à m’embêter mais comme ils ont un bon fond ça va quand même ; Ti amo muchissimo !”
- FM : “Bisous du jeudi et bon week !”
- Nico : “je ne sais pas où Christophe a acquis tous les talents qu’il met en œuvre pour m’aider en cuisine mais ça doit être une vraie fée du logis à la maison (!)”
- Arnaud : “je pense bien à toi, bisous”
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